Le nouveau référentiel infirmier 2025 marque un tournant structurant pour la formation, les compétences et les missions des infirmiers en France. Dès janvier 2025, les changements impactent à la fois les étudiants en soins infirmiers, les formateurs et les professionnels déjà en poste. L’objectif est clair : renforcer l’autonomie des infirmiers, moderniser les contenus de formation et mieux répondre aux réalités du terrain. Dans cet article, nous vous présentons de manière précise et concrète les modifications majeures apportées par ce référentiel.
Réorganisation des unités d’enseignement
Le référentiel 2025 prévoit une refonte des unités d’enseignement (UE) pour favoriser une approche plus transversale et adaptée aux parcours patients. Le nombre d’UE est réduit mais chaque unité couvre désormais des compétences plus larges, souvent liées à des situations cliniques complexes. Cette réorganisation vise à sortir d’une logique trop théorique au profit de scénarios concrets inspirés du quotidien des soins.
Chaque semestre comporte des unités intégrées autour de thématiques : santé mentale, soins chroniques, urgences, gériatrie, pédiatrie, etc. L’approche par compétences remplace progressivement l’empilement de connaissances. Cela implique des changements dans les modalités d’évaluation : mises en situation simulées, portfolios numériques, évaluations en milieu de stage.
Intégration des sciences humaines
Les sciences humaines et sociales prennent une place plus centrale : éthique, psychologie, sociologie sont intégrées dès le premier semestre, avec une continuité tout au long de la formation. Cela permet de mieux comprendre les dimensions relationnelles, culturelles et émotionnelles des soins.
Réduction des redondances
Plusieurs contenus auparavant dispersés sont désormais regroupés pour éviter les doublons. Par exemple, les cours sur les pathologies chroniques, les dépendances ou la douleur sont mutualisés dans une UE unique « parcours de soins complexes ».
Plus de place pour la simulation en santé
La simulation devient une modalité pédagogique incontournable dans le nouveau référentiel. Dès la première année, les étudiants passent par des sessions régulières de simulation en centre équipé. Le nombre d’heures consacrées à la simulation passe de 60 à plus de 120 heures réparties sur les trois années de formation.
Cela permet d’aborder des situations à risque en toute sécurité : arrêts cardiaques, erreurs médicamenteuses, gestion de conflits avec un patient ou sa famille. Les apprenants sont mis en conditions quasi réelles, avec mannequins haute-fidélité, comédiens et matériel professionnel.
Développement des compétences non techniques
La simulation ne se limite pas aux gestes techniques. Elle sert aussi à développer l’écoute, la communication, le leadership et la prise de décision en situation de stress. Ces compétences sont maintenant évaluées avec autant de rigueur que les gestes cliniques.
Suivi individualisé
Chaque simulation est suivie d’un débriefing structuré, ce qui permet aux étudiants de mieux comprendre leurs erreurs, d’identifier leurs points forts et d’ajuster leur posture professionnelle. Un carnet de bord personnel est utilisé pour suivre l’évolution des compétences.
Valorisation de l’autonomie et des pratiques avancées
Le nouveau référentiel prépare les infirmiers à prendre davantage d’initiatives dans leur pratique quotidienne. L’autonomie clinique est renforcée, notamment pour les décisions en soins courants, l’adaptation des traitements non médicamenteux ou l’éducation thérapeutique.
Un module spécifique est consacré aux pratiques avancées, dès la deuxième année, pour familiariser les futurs infirmiers avec les rôles élargis : suivi des patients chroniques, prescription de certains dispositifs médicaux, consultation infirmière. Cela ouvre progressivement la voie à des parcours professionnels évolutifs.
Lien avec les protocoles de coopération
Les étudiants apprennent à travailler dans des cadres protocolisés, en collaboration avec les médecins. Cela les prépare à exercer dans des structures où les pratiques sont coordonnées, comme les maisons de santé pluridisciplinaires ou les centres de soins non programmés.
Introduction au raisonnement clinique
Le raisonnement clinique devient un axe fort de la formation. Il s’agit de renforcer la capacité à analyser une situation complexe, à prioriser les soins et à anticiper les risques. Des outils comme les cartes mentales ou les matrices décisionnelles sont introduits dès la première année.
Meilleure articulation entre théorie et stages
L’un des reproches fréquents au référentiel de 2009 était le décalage entre les cours et les stages. Le référentiel 2025 réorganise le calendrier pour assurer une cohérence pédagogique plus forte. Chaque période de stage est directement liée aux thématiques abordées en cours.
Par exemple, un semestre consacré à la santé mentale intègre un stage dans un établissement psychiatrique. Cela permet aux étudiants d’ancrer leurs apprentissages dans des situations concrètes, tout en facilitant l’évaluation de leurs compétences en contexte réel.
Augmentation des temps de stage
Le volume horaire des stages est maintenu autour de 2 100 heures, mais mieux réparti pour limiter les interruptions pédagogiques. Les terrains de stage sont diversifiés : hôpital, ville, domicile, secteur médico-social.
Suivi renforcé des tuteurs
Les tuteurs de stage sont davantage impliqués dans l’évaluation des étudiants. Une grille nationale harmonisée est mise en place pour assurer une équité entre les sites. Un entretien de mi-stage est désormais obligatoire, en plus de l’évaluation finale.
Introduction de nouvelles compétences numériques
Le numérique occupe une place renforcée dans le référentiel 2025. Les étudiants doivent maîtriser les outils de télésanté, les logiciels de dossiers patients informatisés (DPI), la gestion des données et la cybersécurité. Un module spécifique est intégré dès la première année pour former à ces nouveaux usages.
Cela répond à l’évolution rapide du système de santé, où les soins à distance, la transmission numérique et les dispositifs connectés deviennent la norme dans de nombreux secteurs.
Compétences en e-santé
Les apprenants sont initiés à la téléconsultation, à la gestion d’un suivi patient via des applications de santé, et aux plateformes de coordination. Ils apprennent également à expliquer ces outils aux patients pour garantir leur bon usage.
Sensibilisation aux enjeux éthiques
La formation aborde aussi les questions éthiques du numérique : protection des données, confidentialité, consentement éclairé. Les étudiants sont amenés à réfléchir à leur responsabilité dans l’usage des outils numériques, notamment dans les relations de soin à distance.
Une approche plus personnalisée du parcours étudiant
Le référentiel 2025 encourage une personnalisation du parcours en fonction des projets professionnels. Des options sont proposées à partir de la deuxième année : soins palliatifs, santé publique, urgences, santé mentale, soins en milieu pénitentiaire, etc. Cela permet de préparer une insertion plus ciblée sur le marché du travail.
Les étudiants bénéficient également d’un accompagnement renforcé avec un référent pédagogique attitré pour toute la durée de la formation. Des points réguliers sont organisés pour faire le point sur les acquis, les difficultés et les orientations.
Projets personnels encadrés
Un nouveau format de projet personnel est introduit en troisième année. Il s’agit d’un travail de synthèse mêlant stage, recherche bibliographique et réflexion clinique. Ce projet peut être valorisé dans les candidatures à l’emploi ou aux spécialités.
Soutien à la professionnalisation
Des ateliers de préparation à l’entrée dans la vie professionnelle sont intégrés : rédaction de CV, simulation d’entretien, connaissance du statut infirmier dans les différents secteurs (public, privé, associatif, libéral). Cela facilite la transition vers l’emploi dès la fin de la formation.